Informations générales

1/ L’HISTOIRE DE L’ACCIDENT DE TCHERNOBYL

Les évènements
Dans l’Ukraine rurale qui n’était alors qu’une région de la grande URSS, la centrale nucléaire Lénine fut inaugurée en 1977, à quelques kilomètres du village de Tchernobyl.
La Guerre Froide opposait le régime soviétique aux USA. L’URSS comptait prouver sa capacité à égaler voire dépasser son ennemi juré sur le plan technologique.

Dans une société cultivant la bureaucratie et le secret, il fut décidé de tester les processus d’alimentation de secours de la centrale en cas de panne électrique. Lors des essais, programmés dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, une réaction nucléaire en chaîne a provoqué l’explosion du réacteur n°4.
Conjugaison de dysfonctionnements dans l’organisation, excès de zèle et compétences insuffisantes des opérateurs… La fusion du cœur d’uranium a généré des colonnes de gaz et particules toxiques radioactifs puis un incendie.
La gestion de l’accident – classé au niveau 7, stade ultime sur l’échelle INES mesurant la gravité des incidents nucléaires – et de ses conséquences est toujours controversée, 30 ans après les faits.

Les autorités soviétiques ont tardé à diffuser l’information. Les villages et villes proches de la centrale – dont Prypiat, 48.000 habitants, majoritairement employés dans les centrales électriques et la centrale nucléaire – n’ont été évacuées qu’une trentaine d’heures après l’accident.
Les pompiers de Kiev et des alentours appelés pour éteindre l’incendie, non formés et mal équipés pour un tel enjeu, ont aussi payé un lourd tribut.

Les liquidateurs « sauveurs de l’Europe »
Malgré l’extinction de l’incendie dans la soirée du 26 avril, le toit de la centrale a fissuré le réacteur en s’effondrant. Le graphite et les combustibles en fusion continuaient de dégager une fumée radioactive.
Pendant près de 15 jours, plus d’un millier de pilotes d’hélicoptères vont déverser sur le trou béant du réacteur, des milliers de tonnes  d’argile, de sable et de plomb pour étouffer la combustion.

Dans le même temps, entre 600 et 800.000 ouvriers sont réquisitionnés en urgence dans le pays (Ukraine, Lettonie, Biélorussie, Lituanie…) et envoyés à Tchernobyl pour nettoyer le site. Celles et ceux que l’on appelle « les liquidateurs », vont ramasser et enterrer les débris radioactifs, éliminer les animaux et décontaminer les villages alentours. Souvent sans protection adaptée, sans instruments de mesure et même sans être informés des risques réels. Les premiers arrivés fabriquent parfois eux-mêmes des protections à l’aide de plaques de plomb !

Employés de la centrale, pompiers, pilotes, mineurs, ouvriers de toutes spécialités, militaires ou civils, se sont relayés sur le site de 1986 à 1992. Leur travail a permis la pose du premier sarcophage d’acier couvrant le réacteur en octobre 1986.
Conscients ou pas des conséquences sur leur santé, certains effectuaient des missions ponctuelles, d’autres y ont travaillé plusieurs années.
L’Union Soviétique a fait des héros de ces liquidateurs. Pourtant, la culture du secret du régime a empêché d’établir le véritable bilan sanitaire de leur mission.

Le courage de ces « sauveurs de l’Europe » a permis que les conséquences de l’accident nucléaire de Tchernobyl soient aujourd’hui contenues et gérées.

2/ L’Arche séculaire mise en place pour un siècle

Après l’effondrement de l’URSS en 1991, il a fallu 15 ans à l’état ukrainien pour finaliser un projet d’enceinte de confinement pérenne du réacteur. Le premier sarcophage posé en 1986 n’étant plus fiable.
Les groupes Bouygues et Vinci – unis pour l’occasion sous le nom de Novarka (nouvelle arche en langue ukrainienne) – ont mené à bien le projet signé en 2007.
2500 employés ont travaillé pendant 9 ans à la construction d’une arche gigantesque (108 m. de hauteur, 36.000 T.), posée le 26 novembre 2016 pour un siècle,  sur le cœur de la centrale.
Conçue pour résister aux températures les plus extrêmes ou à un séisme de magnitude 7, elle confine le réacteur pour un siècle, afin d’éviter toute contamination de l’environnement. Le temps de procéder à son démantèlement complet dans des conditions optimales. C’est aujourd’hui la structure mobile la plus grande conçue par l’homme.

3 / Perspectives

Trente ans après l’accident, les avancées technologiques, les réalités économiques et écologiques poussent l’Ukraine sur la voie d’une renaissance de la région.
6.000 hectares de la zone interdite de Tchernobyl pourraient accueillir un projet de production d’énergie solaire, en adéquation avec les standards européens en énergie propre. L’institut de sûreté nucléaire souligne qu’il est envisageable, sous réserve d’importantes précautions sanitaires et environnementales. On évoque aussi la création d’un centre de recherches près de la centrale. De grands défis pour offrir un futur à Tchernobyl.

4 / Ouverture de la zone aux visiteurs

L’intérêt et les questions que suscite l’histoire de Tchernobyl ne faiblissent pas. A l’approche de l’Euro 2012 se déroulant à Kiev et en Pologne, les autorités ukrainiennes ont fait le choix d’ouvrir le site à des visites règlementées du site.
Quels que soient les controverses sur les excursions organisées sur le site, près de 20.000 visiteurs du monde entier s’y sont rendus en 2016.
Beaucoup entreprennent ce voyage atypique pour approfondir leurs connaissances, tenter de comprendre et entretenir une mémoire citoyenne.
Pour ceux-là, nous privilégions une approche culturelle, historique et mémorielle de la visite de Tchernobyl.